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« Aux urgences, l'activité augmente, pas les moyens »

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photo pour valérie perrouault (à gauche), médecin urgentiste à l'hôpital mémorial de saint-lô (manche), « ce qui est arrivé à cet homme en région parisienne n'aurait pas pu arriver chez nous ». photo 1

Pour Valérie Perrouault (à gauche), médecin urgentiste à l'hôpital Mémorial de Saint-Lô (Manche), « ce qui est arrivé à cet homme en région parisienne n'aurait pas pu arriver chez nous ». Photo © Stéphane Geufroi

Un quinquagénaire est mort faute d'avoir été accepté à temps dans un service de réanimation en région parisienne. De quoi raviver la polémique sur les dysfonctionnements de l'hôpital public. Le témoignage de Valérie Perrouault, urgentiste à l'hôpital Mémorial de Saint-Lô.

« À mon avis, ce qui est arrivé à cet homme en région parisienne n'aurait pas pu arriver chez nous. Ici, on trouve toujours une solution entre hôpitaux. De plus, nous n'avons pas autant de personnes à gérer au mètre carré », assure Valérie Perrouault, urgentiste à l'hôpital Mémorial de Saint-Lô.

Syndiquée à l'Amuf, l'Association des médecins urgentistes de France, elle dénonce cependant le manque de moyens. « Ici, nous assurons à la fois les Smur de Coutances et de Saint-Lô, le Samu Centre 15 et les urgences de l'hôpital. Nous ne sommes que quinze médecins pour vingt postes... Trois devraient être pourvus au printemps. On fonctionne à trois médecins le jour, un interne et un médecin la nuit. Les jours fériés et le week-end, c'est un médecin et un interne 24 h sur 24. »

Des patients très exigeants

Les lits des urgences sont toujours garnis. « Vendredi, le lendemain de Noël, on a fait 83 admissions. Une bonne journée, plutôt habituelle pendant les fêtes. »

À l'hôpital de Saint-Lô, les urgences auront vu passer cette année 26 000 malades... contre 24 000 en 2007. « Notre activité augmente sans cesse, surtout depuis que les médecins libéraux n'assurent plus de service de garde, témoigne Valérie Perrouault. Pourtant, nos moyens n'ont pas été augmentés depuis l'ouverture du nouveau service, il y a plus de douze ans. »

En quinze ans de métier, dit-elle, elle a vu les mentalités évoluer : « Les gens sont devenus très exigeants. Ils ne comprennent pas qu'entre la prise de sang ou la radio et la lecture du résultat, il faut un peu de temps. Ils n'admettent pas de devoir patienter sur une chaise ou un brancard avant de pouvoir passer un scanner, alors qu'il n'y a qu'un seul manipulateur qui fait tout son possible. »

Ce manque de reconnaissance révolte la praticienne. « Vous savez, travailler aux urgences c'est vraiment particulier, il faut être fait pour ça, que l'on soit agent, aide-soignant, infirmière ou médecin. Les gens exigent encore plus d'un hôpital public, car il y a justement cette notion de service public. Ils n'ont pas la même attitude lorsqu'ils se rendent dans le privé. »


Recueilli par Laurent LE GOFF.

 
Ouest-France  

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