« Aujourd'hui, ces jeunes jouent leur vie »
Cette journée de détection de jeunes talents, c'est du sérieux pour Andy, Florian, Amadou et leurs amis ; ici en plein atelier de tir au but, sous l'oeil avisé des entraîneurs saint-lois et caennais, Didier Paris et Jérôme Leneveu (à droite).
Une quarantaine de petits footballeurs manchois participaient mardi à une journée de détection,sous l'oeil avisé de recruteurs de Caen. Rebelote aujourd'hui.
Quarante petites paires de chaussures à crampons prêtes à donner le meilleur d'elles-même. Car mardi, sur le stade des Ronchettes, l'ambiance n'était pas à la colonie de vacances pour ces jeunes normands âgés de 11 à 13 ans. Sur le terrain, Josselin, Amadou et leurs copains sont concentrés. Appliqués. Voire stressés. « Ils sont persuadés qu'ils jouent leur vie aujourd'hui », glisse Jérôme Leneveu, éducateur du stade Malherbe (SM) Caen, venu pour repérerde jeunes talents.
En effet, « à leur âge, le football est très important et beaucoup rêvent d'en faire leur métier, poursuit-il. Sans compter qu'ils sont tous fans du stade Malherbe... » De quoi impressionner. D'autant plus que « certains sont issus de très petits clubs. Alors, rien que le fait de venir à Saint-Lô, émotionnellement c'est fort pour eux. »
Direction les filets
Sur l'atelier « tir au but », un maillot floqué du nom de son idole sur le dos, Andy fonce à toute berzingue : direction les filets. « Pas mal la conduite de balle », souffle Jérôme Leneveu à son homologue saint-lois. Observation du jeu de jambes de Lucas, un oeil sur la force de frappe de Tanguy... « Joli but ! »
Des étoiles plein la tête, mais les crampons sur terre : « A mon avis on a aucune chance de jouer un jour à Caen mais on essaye quand même », résume Lucas, 12 ans.Reste que chaque année, « un ou deux joueurs sont tout de même repérés », souligne l'entraîneur saint-lois, Didier Paris.
« Le foot doit rester un plaisir »
Si c'est de nouveau le cas cette année, les joueurs qui seront sélectionnés pourront participer à un entraînement d'une journée au stade Malherbe. Puis seront régulièrement suivis dans leurs clubs respectifs.Une première étape « en attendant qu'ils aient l'âge d'être intégrés au centre de formation caennais. »
Autour du stade, quelques parents observent les élucubrations de leurs rejetons, tel Denis, dont le fils, Antoine, 13 ans, a préféré « participer à cette journée plutôt qu'à un stage de foot-vacances que je lui proposais ». Laurent a quant-à-lui pris une journée de congés pour accompagner Kenny. « Un des dirigeants du football club de l'Elle a tenu à l'inscrire, explique-t-il. Mais je veux avant tout qu'il s'amuse, que le foot reste pour lui un plaisir. »
Virginie ÉNÉE.
Ouest-France